Habitant dans la morne ville de Charenton (qui est collée à Paris, donc par essence, pas boisée et pas rurale, donc morne, bien que très fréquentable), je n'ai pas le moindre lopin de terre.
Mais mes parents, qui vivent sur le lieu-dit enchanteur d'Emilieux (le plus bel endroit de la terre, je le rappelle) ont un jardin.
Il est peuplé d'arbres fruitiers grévistes (et ce, depuis 20 ans, la plus longue grève recensée par les syndicats, je vous prie !), d'herbe pas bien tondue, et de quelques légumes (dont des potimarrons grévistes qui refusent de grossir au-delà de la taille d'une balle de cricket).
Cette été, point de fraises : mon vénéré papa avait arraché sans pitié tous les fraisiers, jugés trop anciens pour donner.
J'avais donc demandé à ma belle-mère belge de me ramener d'un de ses voyages en la belle ville de Dinant des fraises de Wépion. La fraise de Wépion, c'est la fraisitude suprême. Des fraises belges, donc, introuvables en France, grosses, et aussi parfumées que des garriguettes.
La crême des fraises quoi ! (et non la fraise à la crême : la crême n'est pas fournie avec, quand même).
Mon papa a repeuplé son jardin avec des garriguettes, des marat des bois et une autre variété, et je n'avais point de nouvelles de belle-maman. J'avais fait une croix sur mes Wépion (avec majuscule car c'est le nom d'une ville) quand coup de théatre, ce midi je reçois un mail : ma belle-grand-mère (communément appelée Mamie) en a acheté 10 plants au marché de Dinant !
Yipiiiiiiii !
Maintenant, le challenge, c'est que ma belle-mère ne retourne en Belgique que la semaine du 15 au 21 octobre, et rentre le 21, jour où moi, je suis chez mes parents (pas de bol, einh ?). Comment donc récupérer lesdites fraises, ne pas trop les faire trainer et les ramener en vie à Emilieux, sachant que je ne retourne chez mes parents que le 11 novembre ????
Je ne sais pas, mais il va falloir mettre sur pieds une logistique colossale.
En tout cas, je suis ravie. Je crois que je vais être la seule française vivant au Sud de Strasbourg à avoir des Wépion dans son jardin !
Et maintenant, une photo !

Vous pouvez aussi consulter le site du
musée de la fraise de Wépion, ou des sites de producteurs comme
celui-ci ou
celui-là (sachant que je ne suis affiliée à aucun, et que je me fiche un peu de qui produit, du moment que c'est bon)